Pour accéder, à partir du barrage du Tech, à ces lacs peu remplis (2192m), nul besoin de se creuser la tête : il suffit, après la cabane de Bouleste, de ne pas obliquer avec la foule en direction du Col d’Uzious, et de suivre tout droit puis dans la pente à gauche les sentes d’animaux (assez intelligents pour déposer des cairns) qui remontent le ruisseau de Labas jusqu’à sa source, et même au-dessus, grâce à deux rampaillons dont un caillasseux. Les lacs sont d’apparence modeste, mais quel cirque ! Sauvage, isolé, austère. Les pics (Estibère, Hautafulhe, Fanlou, Mongés), graves, sévères, montent une garde silencieuse qui permet, et rend plus pures, la floraison de l’arnica, la maturation des myrtilles et l’animation gaie de l’air dans l’azur : “l’alliance du rugueux et de l’exquis est une des merveilles du monde” (Philippe Jaccottet). Jean-Luc nous a ensuite guidés dans la descente rive droite du Labas : mûres, framboises et frais ombrages. Mais la fumée de l’incendie (sur les crêtes de Bassiarey) nous a piqué les yeux un bon moment : que la montagne est sèche en 2026 ! Philippe D. (Merci Jean-Marie pour la photo de groupe !)



